Depuis l'affaire Clair Obscur et sa destitution, le débat sur l'Intelligence Artificielle dans le jeu vidéo est devenu radioactif. Mais en tant que joueur – et surtout en tant que Daron qui a peu de temps libre – j'ai un avis mitigé. L'IA n'est pas le diable, mais elle n'est pas non plus le messie que les actionnaires nous vendent.

Pour moi, il y a deux types d'IA dans le gaming. Celle qui m'aide, et celle qui m'inquiète.

L'IA "Outil" : Celle qu'on aime (Le DLSS, le FSR)

Commençons par le positif. Si je peux jouer à Cyberpunk 2077 en "Ultra" sur mon PC portable ou faire tourner des jeux récents sur ma Fedora sans que ma carte graphique ne fonde, c'est grâce à l'IA.

Le DLSS (Nvidia) ou le FSR (AMD) utilisent l'IA pour calculer les pixels manquants. C'est brillant. C'est de l'optimisation pure. Dans ce cas précis, l'IA est au service du joueur. Elle prolonge la durée de vie de notre matériel. Elle permet aux développeurs de pousser les graphismes plus loin. Là, je dis oui. C'est de la "Daron Tech" validée : efficace, invisible, économique.

L'IA "Créative" : L'usine à ennui

Là où je tire la sonnette d'alarme, c'est quand les studios nous promettent "des mondes infinis" et des "PNJ (Personnages Non Joueurs) intelligents animés par ChatGPT".

Sur le papier, c'est cool. En réalité ? C'est terrifiant d'ennui. Je ne veux pas d'un monde infini. J'ai 37 ans, j'ai un travail et des enfants. Je n'ai pas le temps d'explorer 10 000 planètes vides générées procéduralement. Je préfère 10 heures d'une aventure écrite par un humain talentueux, avec des dialogues qui ont du sens, de l'humour et de l'émotion, plutôt que 100 heures de quêtes fedex générées par un robot qui me demande d'aller chercher 5 pommes.

L'émotion, ça ne se simule pas (encore). La musique de Clair Obscur, le scénario de The Witcher 3, l'ambiance de Dungeon Keeper : tout ça vient d'un esprit humain un peu tordu, un peu génial. Une IA lisse tout. Elle fait du "moyen", du "passable".

Le risque de la "Sloppe" (La bouillie numérique)

Ma crainte pour 2026 et la suite, c'est l'inondation. Steam est déjà rempli de jeux faits à la va-vite avec des assets IA. Si les grands studios s'y mettent, on va se noyer sous le contenu médiocre. Le risque, c'est de perdre ce lien sacré entre le créateur et le joueur. Quand je joue à un jeu indé, je sens la patte de l'auteur. Avec l'IA générative, j'ai l'impression de manger un plat surgelé industriel. C'est comestible, mais ça n'a pas de goût.

Conclusion : L'IA doit rester un assistant, pas le chef

L'IA doit rester dans la salle des machines pour gérer la technique, l'optimisation, ou aider les artistes à faire des textures de fond plus vite. Mais elle ne doit jamais prendre le volant de la création artistique.

Je continuerai à soutenir les jeux "faits main", quitte à les payer plus cher. Parce que mon temps de jeu est précieux, et je refuse de le dépenser à parler à un chatbot déguisé en elfe.