Edito

Canonical va gaver Ubuntu d'IA : L'erreur fatale qui va tous nous faire fuir

Canonical vient de dévoiler sa feuille de route IA pour Ubuntu. Entre "Inference Snaps" gourmands et fonctionnalités en arrière-plan, l'heure de fuir vers Fedora a-t-elle sonné ?

C'est la nouvelle qui fait bondir toute la communauté depuis ce matin, relayée notamment par l'excellent Korben. Jon Seager, le vice-président de l'ingénierie chez Canonical, a dévoilé la feuille de route 2026 pour Ubuntu. Et le couperet est tombé : ils vont intégrer de l'Intelligence Artificielle partout dans le système. Même si l'entreprise tente de nous rassurer avec une belle phrase marketing affirmant qu'"Ubuntu ne devient pas un produit IA", la réalité technique décrite dans leur document prouve exactement le contraire.

L'usine à gaz des "Inference Snaps"

Analyse

Canonical sépare son approche en deux : une IA "explicite" (des agents virtuels à qui vous posez des questions) et surtout une IA "implicite" qui va tourner en arrière-plan pour "améliorer" le système sans qu'on le demande. Pour faire tourner tout ça, ils vont imposer ce qu'ils appellent des "Inference Snaps", capables de faire tourner des modèles lourds (Gemma 4, Qwen, DeepSeek) localement sur votre PC. En d'autres termes : au lieu d'envoyer vos données dans le cloud, c'est votre propre processeur, votre RAM et votre batterie qui vont être sacrifiés pour faire tourner une IA que vous n'avez probablement jamais demandée.

Le syndrome Windows Copilot frappe Linux

C'est exactement la dérive qui m'a fait rédiger mon article sur le projet de sauvetage de Windows 11 (le fameux Projet K2) il y a quelques jours. Sur les forums comme Reddit, c'est l'hécatombe. Les utilisateurs font exactement le même parallèle : on fuit Microsoft pour reprendre le contrôle de notre machine, et Canonical reproduit les mêmes erreurs en cédant à la "hype" des investisseurs. Quand on a une journée bien remplie et qu'on allume son PC le soir, on veut de l'efficacité, pas un "OS agentique" qui draine nos ressources.

Ce que cette annonce change concrètement pour nous, utilisateurs pragmatiques :

  • Un gaspillage de ressources intolérable : Faire tourner des modèles d'IA en local va massacrer l'autonomie des PC portables, à l'heure où l'on cherche justement à l'optimiser (notamment avec les puces ARM).
  • Le retour de la bloatware : Le format Snap est déjà critiqué pour sa lenteur, l'alourdir avec des modèles IA de plusieurs gigaoctets est un non-sens absolu pour la fluidité.
  • La confirmation d'un choix : La communauté commence déjà à regarder ailleurs. Debian, Linux Mint ou Fedora redeviennent les refuges évidents de la tranquillité d'esprit.
Verdict 2/10

C'est une immense déception. La récente Ubuntu 26.04 avait de sacrés arguments (notamment le noyau 7.1). Mais Canonical marche sur les mêmes traces catastrophiques que Microsoft l'année dernière. Ce mouvement me conforte dans mon test de la semaine dernière : Fedora 44 reste silencieuse, rapide, et concentrée sur l'essentiel. Si Ubuntu s'entête à devenir une usine à gaz IA qui pompe la batterie de nos machines, la question de la migration de mes PC de travail ne se pose même plus. C'est Fedora sans hésiter.


"Ce qui marche vraiment, pas ce qu’on te vend."