Je suis né en 89. J'ai grandi avec Windows 98, j'ai aimé Windows 2000, j'ai adoré Windows 7. À l'époque, le contrat était clair : j'achetais une licence, et Microsoft me fournissait un Système d'Exploitation. C'était un socle. Une toile blanche. Un outil silencieux qui servait à lancer mes logiciels.

Aujourd'hui, en 2026, ce contrat est rompu. Windows n'est plus un OS. C'est un panneau publicitaire géant avec un noyau NT quelque part en dessous.

Le symptôme "Candy Crush"

Le basculement a été subtil, puis brutal. Rappelez-vous la première fois que vous avez installé Windows 10 ou 11 Pro. Vous venez de payer votre licence, vous ouvrez le menu Démarrer pour la première fois, et que voyez-vous ? Des raccourcis pour TikTok, Instagram, et Candy Crush Saga.

Sur une machine "Professionnelle". Imaginez acheter une voiture neuve, et trouver des prospectus publicitaires collés sur le tableau de bord à la livraison. C'est impensable. Pourtant, on l'accepte de Microsoft. Pourquoi ? Parce que le département Marketing a décidé que votre Menu Démarrer n'était pas un outil de navigation, mais un "Espace monétisable".

De l'Ingénieur au Vendeur de Tapis

Avant, les ingénieurs de Redmond cherchaient à optimiser la RAM. Aujourd'hui, ils semblent chercher à optimiser le "Temps d'engagement".

  1. OneDrive vous harcèle si vous ne l'utilisez pas.
  2. Edge se réinstalle tout seul après une mise à jour et vous supplie de ne pas utiliser Chrome.
  3. Copilot et Recall (cette IA qui photographie votre écran) sont activés par défaut pour nourrir le Big Data.

L'utilisateur n'est plus le client. L'utilisateur est le produit. La priorité n'est plus "Est-ce que le système est stable ?", mais "Est-ce qu'on a réussi à lui vendre un abonnement GamePass ou Office 365 ?".

La télémétrie : L'espion dans le salon

Le pire, c'est l'hypocrisie. On nous vend Windows 12 comme "plus sécurisé", mais il n'a jamais été aussi bavard. Chaque clic, chaque recherche, chaque lancement d'application est une donnée. On appelle ça de la "Télémétrie" pour faire technique. Moi, j'appelle ça de la surveillance commerciale.

Pourquoi je suis parti (et pourquoi Fedora est un soulagement)

C'est pour ça que j'ai migré sous Linux. Pas (seulement) parce que c'est libre ou gratuit. Mais parce que sous Fedora, quand j'ouvre mon menu, il n'y a que ce que J'AI installé. Il n'y a pas de "News" people dans ma barre des tâches. Il n'y a pas de pop-up pour me vendre du stockage cloud.

Sous Linux, ce sont encore les ingénieurs qui tiennent la barre. Ils construisent un système pour qu'il fonctionne, pas pour qu'il vende. Et croyez-moi, quand on vient de l'enfer publicitaire de Windows, ce silence numérique... ça fait un bien fou.