C'est un projet que je suivais de loin, avec un mélange de curiosité et de scepticisme, comme beaucoup. Et puis, il y a 3 ans, j'ai basculé. Aujourd'hui, soyons honnêtes : 80% de mon temps de jeu est consacré à Star Citizen. J'ai délaissé les jeux "finis" et polis pour plonger dans le chantier le plus ambitieux de l'histoire du jeu vidéo.

Pourquoi ? La réponse tient en un mot : L'Échelle.

Le frisson de l'Idris : Le rêve devenu réalité

Jouer à Star Citizen tout seul, c'est sympa. Mais jouer en Corporation, c'est une autre dimension. Il n'y a pas d'équivalent dans le jeu vidéo actuel à ce moment précis : nous sommes tous réunis sur le pont d'un Idris (une frégate massive). Le commandant donne l'ordre. On court vers les hangars. Je monte dans mon chasseur, je démarre les moteurs. Les portes du vaisseau mère s'ouvre. Je décolle depuis l'intérieur d'un autre vaisseau en mouvement, pour aller intercepter une menace à 100 km de là.

Ce n'est pas une cinématique. Ce n'est pas un script. C'est organique. C'est nous, une vingtaine de joueurs, qui coordonnons cette symphonie mécanique. C'est un "kiff" absolu, un moment épique qui efface instantanément toutes les frustrations.

"C'est une Alpha" : La patience comme gameplay

Car oui, il y a des frustrations. Le jeu est une Alpha. Il manque des fonctionnalités, les serveurs toussent, les ascenseurs essaient parfois de vous tuer.

Mais ma génération (celle de 89) a appris quelque chose que les plus jeunes ont peut-être oublié : la patience. Nous avons connu les chargements de 10 minutes sur cassette, les installations de Windows 95 qui plantaient à 99%. Dans Star Citizen, je ne vois pas les bugs comme des murs, mais comme des énigmes.

  1. "Mon vaisseau ne spawn pas ?" -> OK, je vais faire une manip, changer de station, demander un lift à un pote.
  2. "Je suis passé à travers le sol ?" -> Pas grave, c'est l'occasion de tester le système médical avec l'équipe de secours.

Chaque session est une aventure, parfois contre les pirates, parfois contre le code du jeu lui-même.

Le chemin reste long (mais la vue est belle)

Je suis lucide. Je sais que la route est encore longue avant la "Release" finale. Je sais que Chris Roberts prend son temps. Mais ce que Star Citizen propose aujourd'hui, avec ses défauts, est déjà plus riche et plus profond émotionnellement que la plupart des jeux AAA terminés.

Sur mon PC (qui tourne sous Linux, et oui, le jeu fonctionne étonnamment bien via Lutris/Wine !), je ne joue pas juste à un jeu de tir. Je vis une seconde vie spatiale. Et quand la corpo appelle pour une opération ce soir, je répondrai présent.